L’IMPOSSIBLE OUBLI

29 septembre 1915 : Talaat, Ministre de l’Intérieur turc, télégraphie à la Préfecture d’Alep : « Il a été précédemment communiqué que le Gouvernement … a décidé d’exterminer tous les Arméniens habitant en Turquie … Sans égard pour les femmes, les enfants et les infirmes, quelque tragiques que puissent être les moyens de l’extermination, … il faut mettre fin à leur existence ».

Dès le lundi 24 avril 1915, les élites arméniennes de Constantinople avaient été arrêtées et plus de 1 000 intellectuels arméniens déportés et massacrés en route.

Le premier génocide du XXe siècle qui débutait, allait anéantir, parce qu’ils étaient chrétiens, 1 500 000 Arméniens, soit les 2/3 de sa population vivant dans l’Empire ottoman, sur leurs terres ancestrales.

Parcours dramatiques et exils furent le lot des survivants.

La France des années 1920 cherchait à se reconstruire, les rescapés arméniens cherchaient à vivre. La France a alors accueilli cette main d’oeuvre qui s’est montrée exemplaire dans sa capacité à s’intégrer. La région romanaise et péageoise a ainsi offert du travail à quelques centaines d’Arméniens dans les usines (chapelleries, chaussures, tanneries…).

Nous sommes leurs descendants. Nous restons reconnaissants à tous ceux qui ont offert travail et hospitalité à nos aînés. Les génocidaires ont échoué dans leur objectif : notre peuple a su renaître et survivre.

2015 : la Turquie d’aujourd’hui refuse encore de regarder son histoire en face. Sans haine pour la population turque actuelle, et avec le soutien de nombreux pays, le peuple arménien souhaite que l’État turc reconnaisse ce fait historique comme tel, car « L’humanité ne peut dormir avec dans sa cave, le cadavre d’un peuple assassiné » (Jean Jaurès). Partout dans le monde, chaque 24 avril, nous rendons hommage à nos victimes et aux victimes de tous les génocides qui ont hélas suivi. Nous commémorons en 2015 le centenaire du génocide des Arméniens. Nous vous invitons à venir nombreux participer aux événements présentés dans ce programme, parce qu’oublier est impossible, parce que transmettre est un devoir, parce que nous sommes tous concernés.

Bernard-Mourat CAKICI

Président de l’Amicale des Arméniens de Romans et des environs

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